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L’association Voyages culturels révolutionne la distribution de livres dans les quartiers grâce à ses vélos-cargos écologiques

L’association Voyages culturels révolutionne la distribution de livres dans les quartiers grâce à ses vélos-cargos écologiques

L’association Voyages culturels poursuit sa distribution de livres dans les quartiers populaires, portée par des vélos-cargos qui conjuguent écologie et mobilité douce. Depuis 2017, cette dynamique a permis de déposer plus de 100 000 ouvrages entre les mains des habitants d’Alès, de Nîmes et de Lunel. Le menu de cette année 2026 s’enrichit de nouvelles dates, à commencer par un rendez-vous à Nîmes.

Ce samedi, devant l’église Saint-Baudile, les bénévoles installeront leur bibliothèque ambulante. Leur objectif reste le même : aller vers ceux qui n’osent pas pousser la porte d’une médiathèque. Une démarche que Joël Baptiste, le président de l’association, résume simplement : « Ce sont des personnes qui ne sont pas habituées à aller vers les associations, alors c’est à nous d’aller vers eux. »

Des vélos-cargos au service de la lecture et de la mobilité douce

Depuis sa création en 2017, l’association Voyages culturels mise sur une flotte de triporteurs et de cargos à assistance électrique. Chaque engin transporte des centaines de livres, des romans policiers aux albums pour enfants, sans émettre le moindre gaz polluant. Cette approche de mobilité douce installe une présence discrète et régulière dans les quartiers prioritaires, là où les librairies sont rares.

Les tournées se déroulent souvent en fin de journée, entre 19 heures et 22 h 30, comme à Alès. Le choix de cette plage horaire n’est pas anodin : les habitants sont de retour du travail et les familles déambulent dans les parcs. Le vélo-cargo ne se contente pas de livrer des ouvrages, il devient un point de rencontre. Les gens se rassemblent autour des châssis chargés, échangent, et repartent souvent avec un livre sous le bras.

Cette démarche écologique n’est pas qu’un argument. Elle permet d’intervenir dans des ruelles étroites, de longer les marchés et de s’installer au plus près des bancs publics. Pour les bénévoles comme Jean-Charles, Ouafae ou Jacques, la manipulation du triporteur devient un vecteur de lien social. Un simple arrêt de quelques minutes suffit pour lancer des discussions sur un bouquin posé dans la caisse.

Focus sur les quartiers Gambetta et Richelieu à Nîmes

Le prochain lâcher de livres aura lieu devant l’église Saint-Baudile, entre les quartiers Gambetta et Richelieu. Cette zone très dense, classée prioritaire par la politique de la ville, connaît un fort taux de précarité. L’association Voyages culturels y organise des distributions gratuites plusieurs fois par mois. Les passants peuvent choisir leurs ouvrages sans condition, et les enfants remplissent souvent leurs petits sacs à dos de BD et de contes.

La mairie de Nîmes et l’agence d’intérim Partnaire ont décidé d’accompagner l’opération. Cette collaboration illustre un pont inattendu entre la culture et l’emploi. L’idée ? Profiter de l’attrait pour les livres pour briser la glace, puis inviter les demandeurs d’emploi à discuter avec des recruteurs autour d’un café. Une manière de rendre l’insertion professionnelle moins intimidante.

Pour Joël Baptiste, ce mélange des genres est essentiel : « Les gens, surtout ceux issus des quartiers prioritaires, ont tendance à se dévaloriser. Avoir une agence d’intérim qui vient à leur rencontre, cela permet de briser des barrières. » L’ancien délinquant, qui affirme que la littérature l’a sauvé, incarne cette complémentarité entre le besoin de récit et la nécessité de travailler.

Culture et insertion professionnelle, une complémentarité qui fonctionne

L’association ne se contente pas de déposer des livres sur une table. Elle organise une véritable médiation. Les bénévoles sont formés pour accueillir les habitants, écouter leurs histoires et les diriger vers les services adaptés. La distribution devient un prétexte pour créer du lien social entre des personnes parfois très isolées. Dans les quartiers, on vient chercher un policier, puis on reste pour parler de sa vie, de ses envies.

Le tableau ci-dessous récapitule les principales villes et quartiers où intervenait l’association en ce début d’année 2026 :

Ville Quartiers desservis Type de distribution Horaires
Alès Quartiers prioritaires, centre ancien Tournées en triporteur, lâchers de livres Lundi, 19 h – 22 h 30
Nîmes Gambetta, Richelieu, Chemin Bas d’Avignon Distributions ponctuelles avec partenaires locaux Samedis, 10 h – 15 h
Lunel Quartiers prioritaires, abords des écoles Animations autour de la lecture pour enfants Mercredis, 14 h – 17 h

Ce dispositif repose sur un maillage de partenariats. Les médiathèques locales fournissent des lots de livres invendus, les recycleries donnent leur seconde vie aux ouvrages abîmés, et des maisons d’édition offrent des fonds de catalogue. Grâce à ce circuit, le coût de chaque livre distribué reste très faible, tandis que tonnage de papier sauvé de la poubelle évite du gaspillage. Un cercle vertueux qui séduit aussi les collectivités.

Une logistique repensée pour le développement durable

Le terme de développement durable prend ici tout son sens. Non seulement les vélos-cargos remplacent les camionnettes, mais la chaîne de récupération des livres allonge leur durée de vie. Les bénévoles réparent les reliures abîmées, nettoient les couvertures et retrient les collections. Ce travail minutieux évite que des milliers d’exemplaires ne finissent broyés.

Cette démarche a convaincu plusieurs communes d’élargir les horaires d’intervention. À Alès, la flotte « Ales’Y » est mise à disposition de l’association chaque semaine. Lundi soir, les habitants savent qu’ils peuvent croiser le vélo-cargo près de l’école ou au pied des immeubles. Cette régularité crée un rituel. Les familles ajustent leurs sorties du soir pour ne pas rater le passage du bibliothécaire itinérant.

Pour les enfants, la distribution nocturne revêt une magie particulière. Voir arriver un triporteur illuminé, chargé de BD et de romans, donne l’envie de lire. Les bénévoles racontent souvent l’histoire d’un petit garçon qui réclamait chaque semaine un nouveau tome de sa série préférée. Depuis, toute sa famille participe aux lâchers de livres. Ce sont ces petites victoires qui poussent l’association à poursuivre et à multiplier les tournées.

– Réduction de l’empreinte carbone grâce aux vélos-cargos
– Récupération et distribution gratuite d’ouvrages d’occasion
– Création de liens entre habitants et structures d’insertion
accès à la culture pour les publics éloignés de la lecture
– Mobilisation de bénévoles et de partenaires locaux

Dans les prochains mois, le calendrier s’étoffe encore. Des dates sont prévues à Nîmes devant l’église Saint-Baudile, mais aussi dans d’autres secteurs de la ville. L’association Voyages culturels continue d’essaimer, toujours portée par cette conviction : la culture appartient à ceux qui osent la saisir, même au détour d’une rue pavée, au creux d’un vélo-cargo chargé d’histoires.

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